Compaq DA-10242 Manuale Utente Pagina 27

  • Scaricare
  • Aggiungi ai miei manuali
  • Stampa
  • Pagina
    / 36
  • Indice
  • SEGNALIBRI
  • Valutato. / 5. Basato su recensioni clienti
Vedere la pagina 26
LeMonde Job: WMQ1111--0031-0 WAS LMQ1111-31 Op.: XX Rev.: 10-11-00 T.: 10:57 S.: 111,06-Cmp.:10,11, Base : LMQPAG 14Fap: 100 N
o
: 0416 Lcp: 700 CMYK
31
AUJOURD’HUI
LE MONDE / SAMEDI 11 NOVEMBRE 2000
Les All Blacks recherchent toujours confiance et constance
Un an après leur défaite en demi-finale de la Coupe du monde, les rugbymen néo-zélandais retrouvent le XV de France, pour le premier match
de leur tournée européenne, avec l’envie de restaurer leur réputation. Mais, depuis 1994, les Bleus les ont battus quatre fois en six rencontres
NE LEUR PARLEZ PLUS jamais
du 31 octobre 1999. De la Coupe du
monde 1999, de la pelouse de Twic-
kenham et même du XV de France.
« C’était en 1999, nous sommes en
l’an 2000 », s’impatiente la seule
star du rugby mondial, l’ailier néo-
zélandais Jonah Lomu, devant l’évo-
cation de l’incroyable défaite des All
Blacks face à la France, en demi-fi-
nale de la Coupe du monde (43-31).
La plupart de ses partenaires pré-
fèrent détourner le regard, de lassi-
tude, ou afficher une mine sombre,
comme Tana Umaga. Le colosse
coiffé de dreadlocks a beaucoup à
se faire pardonner depuis ce match
où l’équipe de France de rugby a
donné une leçon d’efficacité et de
joie de jouer aux All Blacks.
Ce 31 octobre, l’ailier néo-zélan-
dais joua nettement en dessous de
sa valeur. Il sembla souvent interdit,
le regard figé, comme surpris par les
ressorts imaginatifs des arrières
français, et intimidé par la puissance
des avants. Que s’est-il passé ?
« Nous avons perdu ! » Rien à ajou-
ter. Rien ? Son regard, soudain plus
noir, indique assez sa détermination
à l’idée de retrouver ces maudits
Français, sur la pelouse du Stade de
France, samedi 11 novembre. Ils ne
sont plus que sept, aujourd’hui,
dans l’équipe qui va défier le XV de
France sur ses terres.
DU JAMAIS-VU
En ce jour d’octobre 1999, Taine
Randell et ses coéquipiers avaient
subi trente minutes durant la furia
française, encaissant trente-trois
points d’affilée sans pouvoir en
rendre un seul. Du jamais vu. Une
semaine après, ils étaient rentrés au
pays la tête basse, à la recherche
d’une explication impossible. « Une
histoire de fous », disait alors le capi-
taine des Bleus, Raphaël Ibanez.
« Cela nous a donné matière à réflé-
chir pendant tout l’été austral », re-
connaît l’arrière, Christian Cullen.
Toute la Nouvelle-Zélande, où le
choc de l’élimination n’a pas encore
été totalement digéré, s’est penchée
sur le problème avec ses héros dé-
chus, pour tenter de comprendre les
raisons de cette punition inatten-
due. Personne, dans ce pays qui
place le rugby au rang de passion
nationale, ne saurait oublier le for-
midable brio des Français ce jour-là.
« Ils ont marqué des essais ahuris-
sants », rappelle Christian Cullen.
Mais cela ne saurait suffire à expli-
quer la débâcle. Le séjour des All
Blacks sur la Côte d’Azur, entre
deux matches de la Coupe du
monde, a été unanimement dénon-
cé comme l’une des plus graves er-
reurs, un témoignage de l’excès
d’arrogance qui habitait cette
équipe.
John Hart, l’entraîneur, avait de-
mandé à ses joueurs de garder se-
crètes certaines combinaisons, afin
de les réserver à l’Australie, en fi-
nale. Il a été remercié, et remplacé
par Wayne Smith, le coach qui a ac-
cumulé les succès dans le Super 12
avec la province des Canterbury
Crusaders. Le troisième-ligne centre
Taine Randell a été démis de ses
fonctions de capitaine. Josh Kron-
feld, l’un des avants All Blacks les
plus talentueux, les plus respectés,
est parti à la retraite. L’arrière Jeff
Wilson s’est donné un an pour voir
s’il pourrait revenir au rugby inter-
national après pareil traumatisme.
Les autres, quelques autres du
moins, n’ont pas voulu renoncer.
Après un été passé à se tenir à
bonne distance de tout ballon
ovale, ils ont repris la route qui
mène au plus beau métier que l’on
connaisse en Nouvelle-Zélande,
joueur de rugby, pour porter en-
core la plus belle et la plus enviée
des tenues, le short et le maillot
noirs des All Blacks. Mais le retour
aux affaires des convalescents ne
s’est pas passé aussi bien que pré-
vu. Le Tri Nations, le tournoi an-
nuel qui les oppose aux Sud-Afri-
cains et aux Australiens, n’a rassuré
personne. Après deux victoires très
probantes sur chacun de leurs ad-
versaires, les joueurs de Wayne
Smith ont faibli, concédant notam-
ment une défaite en Afrique du
Sud (46-40), le 19 août.
Cette série de défaites est surve-
nue deux ans à peine après l’in-
croyable succession de revers col-
lectionnés en 1998 : cinq de rang,
une grande première dans la riche
histoire des All Blacks. Il n’en fallait
pas plus pour perturber la réputa-
tion et l’assurance de cette équipe,
à la recherche d’un regain de
confiance et de constance. Les All
Blacks, connus pour leur capacité à
ne manquer aucun grand rendez-
vous, auraient-ils basculé dans le
camp des équipes imprévisibles ?
La valeur de cette formation serait-
elle devenue aussi difficile à éva-
luer que celle des équipes de
France de tous les âges ? – «Les
mots imprévisibles et rugby français
sont aussi indissociables que bacon
et œufs, couteau et fourchette, ou
encore Andrew Mehrtens et Justin
Marshall », disent les Néo-Zélan-
dais.
Ces questions font sourire les coé-
quipiers de Todd Blackadder, le nou-
veau capitaine des All Blacks. « Nous
avons une jeune équipe, mais j’es-
père que nous serons plus consistants
dans notre jeu », assure Christian
Cullen. Les Français, eux, ont de-
puis longtemps pointé quelques
points communs avec les All
Blacks. « Un peu comme nous, ils ar-
rivent à mettre le feu aux poudres
grâce à quelques individualités, sou-
ligne Olivier Magne. C’est une
équipe qui nous ressemble. C’est très
agréable pour nous de les jouer. » Et
pour cause : depuis 1994, les Bleus
ont battu les Blacks quatre fois en
six rencontres. Et Jonah Lomu n’a
vaincu la France qu’une fois en
cinq matches.
Eric Collier
Sylvain Marconnet prend le pouvoir en première ligne
ON NE CHANGE PAS une équipe qui « au-
rait pu gagner ». Bernard Laporte a renouvelé sa
confiance à l’équipe qui a tenu tête à l’Australie
(13-18), samedi 4 novembre. Pour affronter la
Nouvelle-Zélande, l’entraîneur du XV de France
a opéré un seul changement dans l’équipe de
départ – David Auradou prend la place d’Olivier
Brouzet en deuxième ligne –, assorti d’un autre
sur le banc des remplaçants, où le pilier Pieter
De Villiers va s’asseoir en lieu et place du Tou-
lousain Franck Tournaire. Ces deux modifica-
tions donnent un peu plus de poids à l’emprise
des joueurs du Stade français en équipe de
France, notamment dans le paquet d’avants, où
ils occupent cinq postes sur huit – le pack néo-
zélandais est composé, lui, de six joueurs issus
de la province de Cantorbéry.
A la fin de la saison passée, le pack français a
été le théâtre d’une petite révolution de palais.
Le pouvoir, entre les mains de Christian Califa-
no et Franck Tournaire, a progressivement glis-
sé en direction de Sylvain Marconnet et Pieter
De Villiers. Sylvain Marconnet a notamment
réussi ce qui avait longtemps semblé impen-
sable : déloger Christian Califano de la place de
pilier gauche de la mêlée française. «Il a de
grandes qualités naturelles, assure Bernard La-
porte, qui fit venir le joueur de Grenoble à Paris
lorsqu’il entraînait le Stade français. Mais cela
ne suffit pas au niveau international, et il a
compris qu’il lui fallait redoubler de violence à
l’entraînement ». « C’est un doué naturel, ajoute
Christophe Juillet, son capitaine au Stade fran-
çais. Pour un pilier, il est très rapide, très joueur
de ballon. En mêlée, il a une force physique éton-
nante pour son âge. Et il a un peu de vice, car il
faut être mariole pour ce poste. »
UNE PRÉPARATION AUX PETITS SOINS
Fin 1999, Sylvain Marconnet avait le « moral
dans les chaussettes ». A vingt-trois ans, il avait
connu son « premier gros échec sportif » en
n’étant pas retenu dans le groupe France de la
Coupe du monde. Il l’avait rejoint sur le tard, à
la faveur de la suspension de Christian Califano
(Le Monde du 29 octobre 1999) : «Un lot de
consolation », sourit-il. Pendant toute la saison
suivante, l’ancien joueur de Givors (Rhône)
avait « moins envie de s’entraîner ». « Je me suis
un peu endormi, faute de concurrence », re-
connaît-il. A ce gros coup de blues profession-
nel viendra s’ajouter une série de problèmes
personnels, avec, notamment, le décès de sa
mère.
« Sylvain a connu un tas d’épreuves, poursuit
Christophe Juillet. Cela l’a fait mûrir plus vite que
prévu, cela l’a aidé à prendre conscience qu’il ne
fallait pas gâcher le temps qu’il avait pour jouer
au rugby. » A la fin de la saison 1999-2000, le pi-
lier du Stade français était déjà un autre
homme, plus déterminé. Le 8 juillet, en demi-
finale du championnat de France, face au Stade
toulousain, Sylvain Marconnet n’a pas laissé
passer l’occasion de démontrer, avec Pieter De
Villiers, que la paire toulousaine, Christian Cali-
fano et Franck Tournaire, n’était pas invincible.
A la fin, le constat était clair : les jeunes piliers
parisiens s’installaient dans l’antichambre du
XV de France.
Restait à confirmer. Sylvain Marconnet a pro-
fité de la « belle intersaison » pour effectuer une
préparation aux petits soins. Il a fait appel au
préparateur physique de l’équipe de France ju-
niors de football américain, Thierry Solere. Une
semaine après avoir remporté son deuxième
titre de champion de France avec le Stade fran-
çais, le 15 juillet, il était « sur le terrain, dans le
Val-de-Marne ». Objectif, travail foncier et perte
de poids. Il a 8 kilos de moins. Aujourd’hui, le
pilier du XV de France estime être «à 80%»de
son potentiel. Et il a hâte d’être à la nouvelle in-
tersaison, « pour bosser ».
E. C.
Sylvain Marconnet, ici face à l’Australie, le 4 novembre, a pu s’imposer
comme nouveau pilier gauche du XV de France.
OLIVIER MORIN/AFP
SPORTS
Le XV de France ren-
contre l’équipe de Nouvelle-Zélande,
samedi 11 novembre, au Stade de
France, à l’occasion du premier match
de la tournée européenne des All
Blacks. b LES DEUX FORMATIONS se
retrouvent un an après l’incroyable
triomphe des Français (43-31) en
Coupe du monde devant les grands
favoris de l’épreuve. b CE REVERS a
marqué les esprits néo-zélandais,
provoquant également un change-
ment d’entraîneur, de capitaine et
des départs à la retraite. b LES STA-
TISTIQUES sont formelles : depuis
1994, les Bleus ont battu les Néo-Zé-
landais quatre fois en six rencontres
et le puissant Jonah Lomu n’a vaincu
la France qu’une fois en cinq mat-
ches. b LE PACK FRANÇAIS, clef de la
victoire de Coupe du monde, a trou-
en Sylvain Marconnet, vingt-
quatre ans, successeur de Christian
Califano, vingt-huit ans, au poste de
pilier gauche, une valeur montante.
Les équipes
b France : 1. Sylvain Marconnet
(Stade français) ; 2. Fabrice
Landreau (Stade français) ;
3. Christian Califano (Stade
Toulousain) ; 4. David Auradou
(Stade français) ; 5. Fabien Pelous
(Stade toulousain, cap.) ;
6. Christophe Moni (Stade français) ;
7. Olivier Magne (Montferrand) ;
8. Christophe Juillet (Stade
français) ; 9. Fabien Galthié
(Colomiers) ; 10. Christophe
Lamaison (Agen) ; 11. David Bory
(Montferrand) ; 12. Franck Comba
(Stade français) ; 13. Richard
Dourthe (Béziers) ; 14. Thomas
Lombard (Stade français) ; 15. Xavier
Garbajosa (Stade toulousain).
Remplaçants : 16. Olivier Azam
(Gloucester) ; 17. Pieter De Villiers
(Stade français) ; 18. Olivier Brouzet
(Northampton) ; 19. Serge Betsen
(Biarritz) ; 20. Philippe Carbonneau
(Pau) ; 21. Yann Delaigue (Stade
toulousain) ; 22. Philippe
Bernat-Salles (Biarritz).
b Nouvelle-Zélande : 1. Greg Feek
(Canterbury) ; 2. Anton Oliver
(Otago) ; 3. Greg Sommerville
(Canterbury) ; 4. Todd Blackadder
(Canterbury, cap.) ; 5. Norm
Maxwell (Canterbury) ; 6. Reuben
Thorne (Canterbury) ; 7. Scott
Robertson (Canterbury) ; 8. Ron
Cribb (Canterbury) ; 9. Justin
Marshall (Canterbury) ; 10. Andrew
Merhtens (Canterbury) ; 11. Jonah
Lomu (Wellington) ; 12. Daryl
Gibson (Canterbury) ; 13. Tana
Umaga (Wellington) ; 14. Doug
Howlett (Auckland) ; 15. Christian
Cullen (Wellington).
Remplaçants : 16. Mark Hammett
(Canterbury) ; 17. Gordon Slater
(Taranaki) ; 18. Troy Flavell (North
Harbour) ; 19. Taine Randell
(Otago) ; 20. Byron Kelleher
(Otago) ; 21. Carlos Spencer
(Auckland) ; 22. Bruce Reihana
(Waikato)
b Arbitres : Wayne Erickson
(Australie).
b Coup d’envoi à 20 h 45, en direct
sur France 2.
DÉPÊCHES
a BASKET-BALL : Villeurbanne a chuté pour la première fois de la saison
en s’inclinant en Turquie face à l’Ulker Istanbul (78-65), à l’occasion de la
4
e
journée du groupe A de la SuproLigue messieurs, disputée mercredi 8 et
jeudi 9 novembre. Dans le groupe B, Pau-Orthez a échoué de peu devant
Ostende (95-92).
a FOOTBALL : le FC Nantes est parvenu à se qualifier pour le 3
e
tour de la
coupe de l’UEFA grâce à sa victoire (1-0, but d’Olivier Monterrubio à la
84
e
minute ; 2-1 à l’aller) contre le MTK Budapest (Hon.), lors du 2
e
tour re-
tour, jeudi 9 novembre, tout comme les Girondins de Bordeaux, vain-
queurs, en Ecosse (2-1 à l’issue de la prolongation, buts de Lilian Laslandes à
la 79
e
et à la 115
e
pour Bordeaux et de Lubomir Moravcik, à la 54
e
, pour le
Celtic ; 1-1 à l’aller).
a Le gardien international espoirs français du FC Nantes, Mickael Lan-
dreau, a été déclaré positif à la lidocaïne à l’issue de la finale de la Coupe de
France 2000, emportée par Nantes (2-1), le 7 mai 2000, aux dépens des ama-
teurs de Calais, mais n’a pas fait l’objet de la moindre poursuite, a-t-on ap-
pris jeudi 9 novembre. Le conseil fédéral de la Fédération française de foot-
ball (FFF) et la commission de contrôle dopage de la FFF ont estimé que le
produit « entrait dans un protocole thérapeutique précis et justifié telle que la
réglementation prévoit son utilisation ». Une semaine avant la finale, Mickael
Landreau avait été soigné pour une entorse à la cheville droite.
a Des incidents se sont produits, jeudi 9 novembre, à l’aéroport de Caselle,
à Turin, entre des tifosi et certains joueurs de la Juventus de Turin, parmi les-
quels le Français Zinedine Zidane, en provenance d’Athènes, où ils avaient
été éliminés de la Ligue des champions. Les « ultras » ont d’abord apostro-
phé le gardien néerlandais Edwin Van Der Sar avant de s’en prendre à Zine-
dine Zidane, qui leur a répliqué avant d’être bousculé. Ses coéquipiers, les
Uruguayens Daniel Fonseca et Paolo Montero, ont alors échangé des coups
de poing avec les tifosi. Une intervention des policiers a ramené le calme.
Voile : premières avaries sur le Vendée Globe
LES SABLES-D’OLONNE (Vendée)
de notre envoyée spéciale
La nuit a été mouvementée aux
Sables-d’Olonne. Le ponton déserté
quelques heures auparavant par les
vingt-quatre marins partis, jeudi
9 novembre, à 16 h 11, faire le tour
du monde en solitaire et sans escale
a été pris d’assaut par les techniciens
venus à la rescousse de skippers vic-
times des premières avaries. Après
quelques heures de mer, l’Anglais
Mike Golding (Team Group 4), le
Belge Patrick de Radigues (La Libre
Belgique) et Roland Jourdain (Still)
sont rentrés au port.
Plus sévèrement touché, l’Anglais
a rejoint les Sables-d’Olonne sans
mât et devait observer une halte de
vingt-quatre heures, au moins, une
pièce de secours devant arriver de
Grande-Bretagne dans la journée de
vendredi 10 novembre. Le Belge, qui
pensait pouvoir reprendre la mer
vendredi en milieu de matinée, de-
vait réparer son pilote automatique,
tandis que le Français, qui a eu af-
faire à une rupture de drisse, est re-
parti dans la nuit. Il a profité de ce
retour impromptu pour se faire soi-
gner une dent cassée lors d’une ma-
nœuvre.
DIX JOURS APRÈS LE DÉPART
Ces escales involontaires n’entraî-
neront pas la disqualification des
marins concernés. Le règlement du
Vendée Globe prévoit en effet que
les monocoques peuvent rentrer au
port des Sables-d’Olonne pour rece-
voir une assistance dix jours après le
départ sans encourir d’autre sanc-
tion que celle du chronomètre. Les
premières heures de course sem-
blaient pourtant annoncer un début
de tour du monde calme, après les
reports successifs pour cause d’in-
tempéries, même si le départ a été
donné sur une mer cassante.
Les marins du Vendée Globe 2000-
2001 piaffaient d’impatience. Toute
la matinée, sur le ponton calme,
comme déjà désolé de leur absence
prochaine, ils avaient chahuté, soula-
gés d’embrasser enfin leurs cent
jours de mer. « Nous allons enfin dé-
compresser après ces jours de plus que
nous venons de passer à terre », avait
déclaré Thomas Coville (Sodebo).
Yves Parlier (Aquitaine-Innovations)
ou Catherine Chabaud (Whirlpool)
étaient allés dire au revoir à tous les
concurrents, Ellen MacArthur (King-
fisher) leur avait distribué une petite
boule antistress qui leur sera sans
doute très utile dans les 40
es
rugis-
sants.
Tous avaient dit au revoir à leurs
proches et avaient accepté les en-
couragements dans de nouveaux
sourires. Leurs yeux annonçaient
qu’ils étaient déjà dans la course. La
matinée s’est écoulée et le plaisir de
la mer est monté. A marée haute,
des chalutiers sont venus chercher
les monocoques un à un pour les
amener vers le large via le chenal où
les attendaient quelque 15 000 per-
sonnes.
Ironie du sort, Yves Parlier, qui
avait milité pour que le départ soit
donné au jour prévu quelles que
soient les conditions météorolo-
giques quand la majorité des skip-
pers étaient favorables au report, a
coupé la ligne de départ en tête.
« J’en avais très envie », a-t-il expli-
qué à la faveur d’un premier contact
avec la terre.
Après le coup de canon, la flotte a
sacrifié à une dernière « ligne
droite » de 3,5 milles avant de pou-
voir s’élancer vers le grand large.
Dans la pétole, le Vendée Globe a
pris des allures de régate à l’image
des solitaires du Figaro : les ma-
nœuvres précises et serrées de ces
énormes monocoques au long cours
a offert un spectacle incongru et ma-
jestueux. Ils se sont croisés de ba-
bord à tribord, se sont chipés le peu
de vent, ils se sont semés, ou se sont
doublés puis se sont un peu plus
éloignés. Au crépuscule, les voiles se
sont dessinées sur l’horizon. Les ma-
rins se dirigeaient vers le cap Finis-
tère (nord-ouest de l’Espagne) avant
de dépasser les îles Canaries, vers le
14 novembre, dernière terre visible
avant le cap Horn.
Bénédicte Mathieu
Vedere la pagina 26
1 2 ... 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 35 36

Commenti su questo manuale

Nessun commento